Recherche artistique Aurélie Duphil

Ma recherche artistique

Dures limites...

Les limites sont faites pour être remises en question
Comme mon fiston, j'aime tester les limites...
Depuis que je suis enfant, j'ai une vilaine manie : explorer les limites, celles que je reçois. Je ne suis pas particulièrement anticonformiste ou rebelle, j'ai juste la curiosité de constater par moi-même quelles sont les limites, de quoi elles sont faites et pourquoi elles existent. Parfois, ça me vaut quelques déconvenues et je recalibre les limites en question pour ne plus prendre de risques, souvent ce sont des moments de pur enchantement qui me démontrent que je peux aller un peu plus loin et sortir de ma zone de confort.

En terme de création artistique, je pense que c'est la partie la plus excitante de ma pratique : explorer, essayer et partir à l'aventure. Faire et refaire 50 fois la même chose m'ennuie profondément. Je m'y plie parfois pour acquérir un savoir-faire, mais ce n'est clairement pas ce qui me motive (à moins que ce ne soit pour explorer mes propres limites, mais là c'est autre chose).

Je pratique essentiellement la photographie. J'y suis venue par un trajet sinueux passant par le dessin, la peinture, les arts numériques, des études en arts plastiques, et l'incapacité physique de tenir crayon ou pinceau. Pas de bol pour cette technique bien normée, c'est donc la photographie qui est le centre de mes recherches de limites.

C'est quoi la photographie ?

Le Petit Larousse nous offre plusieurs définitions :
- Procédé permettant d'enregistrer, à l'aide de la lumière et de produits chimiques, l'image d'un objet.
- Reproduction de l'image obtenue, qu'elle soit ou non un phototype.
- Ensemble des techniques d'enregistrement de rayonnements électromagnétiques par des procédés photochimiques.
- Description précise et objective visant à définir un état, à un moment donné

Si on laisse de côté la seconde définition qui dans ce cas précis ne nous concerne pas, on peut dire qu'il s'agit d'enregistrer la lumière sur une surface sensible, lumière nous donnant une emprunte du réel à un instant donné.

Vous remarquerez de façon judicieuse qu'il n'est point question de boîtier, d'optique, d'appareil photo... La photographie n'est donc pas une question de matériel !

Explorations photographiques...

Le commencement : je ne suis pas "photographe"

enfant tenant un panneau stop
Une de mes plus belles créations...

Au début de ma pratique, j'ai accumulé les "petites situations" pour explorer les limites fonctionnelles de mon boîtier photo tout neuf et apprendre les façons de les contourner ou pas. Photographier à contre-jour, en faible luminosité, des objets fugaces... Mon idée n'était pas de devenir photographe "pro" (comme on le dit sur les internets) et de maîtriser parfaitement la technique, les éclairages, la balance des couleurs, de savoir répondre à des attentes d'un client... Il y a des gens qui se sont formés à ça, qui maîtrisent tout ça, chacun son boulot : ça clairement, ça n'est pas pour moi. Je ne travaille pas pour des commandes et je n'en serais probablement pas capable car je connais les limites de mon modeste boîtier photo d'entrée de gamme et de mes capacités techniques. Je travaille pour ma démarche artistique. Mes priorité : connaître les limites de mon outil (mon appareil) et savoir quel savoir-faire utiliser pour quelle situation (les réglages). Une fois que ce fut "acquis", j'ai pu commencer à m'éclater et à explorer plus loin que les paramètres techniques des situations.

C'est alors que j'ai débuté la photographie "pour de vrai", c'est à dire en prenant beaucoup de photos pour nourrir une démarche et mon projet [1104]. J'ai continué d'apprendre, et là où je faisais auparavant 400 photos par sortie (avec 95% de déchets), je n'en fais plus que 40-50 avec seulement 20% de déchets. Parce que j'ai appris les limites de ma démarches, que je sais que telle chose ne fonctionne pas avec les outils en ma possession, et aussi parce que je sais davantage ce que je veux dans mes différents projets.

Maturation et évolution

Une fois mon projet [1104] bien en route, j'ai eu envie de le partager. Mais voilà, je manquais cruellement de moyen pour tirer mes photos sur papier. Alors j'ai cherché comment continuer d'explorer mes images en atelier. C'est là que j'ai commencé à m'intéresser aux méthodes anciennes de tirage photographique. Le cyanotype correspondait à mes critères : relativement facile d'utilisation, coût modeste et possibilités plastiques importantes. J'ai donc débuté mes premiers tirages cyanotypes.

De la photo... sans appareil photo

La découverte du cyanotype a vraiment été une révélation (terme absolument approprié dans ce cas). Après avoir acquis la technique "de base" de tirage, j'explore maintenant les possibilités plastiques de ce procédé.

Me revoilà donc au postulat de départ : c'est quoi la photographie ?
Une emprunte du réel à un intant donné par l'enregistrement de la lumière sur un support sensible.
Pas de boîtier... pas d'optique...

Ça tombe bien, pour l'image qui suit, j'ai juste utilisé du papier sensibilisé, du soleil et un peu de "poussière".

Je vous présente donc un bout de ma série "Poussières d'étoile". Photogramme (emprunte d'objet) sur papier sensibilisé par chimie cyanotype.

Poussières d'étoile - photogramme cyanotype
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